Une profession centenaire aujourd’hui menacée
La France dispose d'un maillage territorial unique en Europe : plus de 22 500 buralistes, véritables commerces de proximité implantés dans les villages et quartiers où ils constituent bien souvent le dernier commerce encore ouvert. Cette profession, vieille de plusieurs siècles, occupe une place indéniable dans le patrimoine affectif et historique du pays.
Ces lieux sont aussi des espaces de vie et de rencontre, où les aînés trouvent un contact humain et où se nouent des liens essentiels contre l'isolement.
Au-delà de la perte d’une activité, c’est le premier « réseau social » qui s'éteint et une partie de l'identité française que nous perdons.
Un maillage territorial sous tension
En 20 ans, 8 400 débits de tabac ont définitivement baissé le rideau, conséquence de la chute des volumes de tabac vendus dans le réseau légal, impactant en profondeur l'équilibre économique du secteur.
Malgré la diversification de leurs activités, les buralistes sont plus que jamais menacés. L’achat de produits du tabac, dont les buralistes sont supposés bénéficier du monopole, demeure la première raison de fréquentation de ces établissements. Aucun commerce ne peut résister durablement lorsque sa principale activité est détournée vers des circuits parallèles et illégaux omniprésents.
La faute à des prix du tabac beaucoup trop élevés et au développement tentaculaire des trafics de tabac, que ce soit au coin de la rue, sur internet ou même devant nos établissements.
Quand trop d’impôt tue l’impôt… et pas que !
La politique fiscale appliquée depuis plusieurs années suit une logique en théorie incontestable : réduire la consommation par l'augmentation du prix du produit. Mais cette fiscalité « comportementale » conduit, année après année, à des effets néfastes non anticipés et sous-estimés.
Si 85% du prix d'un paquet de cigarettes est composé de taxes, les recettes fiscales attendues ne sont pas au rendez-vous. Chaque centime rajouté au prix du paquet est en réalité un cadeau fait aux trafiquants et aux réseaux mafieux. En 2025, l’Etat enregistre manque à gagner de plus de 5 milliards d’euros (rapport TAFE, DGDDI et Mildeca, 2025).
En faisant le choix du « matraquage » fiscal, les Gouvernements successifs ont non seulement pénalisé leurs propres recettes mais ont aussi :
- Contribué à l’explosion du marché parallèle (entre 17% à 45% selon les départements) ;
- Participé à la diversification des narcotrafiquants ;
- Contribué à la flambée de l’insécurité partout en France, non seulement pour les buralistes, mais plus largement pour l’ensemble de nos concitoyens.
Les résultats en matière de santé publique sont par ailleurs plus que décevants : 31% de fumeurs en 2023 contre 32% en 2017, malgré une augmentation de près de 100% des prix du tabac sur la même période.
De nombreux pays européens ont obtenu de bons résultats en matière de lutte contre le tabagisme, sans ce matraquage fiscal, ni développement des trafics.
Face à ces résultats édifiants, il est temps de dire STOP !
Dans un contexte politique, économique, financier et social des plus délicats, toute nouvelle augmentation des prix du tabac apparaît comme la provocation de trop.
Le sujet n'est pas de choisir entre la santé publique et la protection du réseau des buralistes. Le sujet est de comprendre que ces deux enjeux sont aujourd'hui liés.
Si nous voulons lutter efficacement contre le tabagisme, nous devons aussi nous assurer que la politique menée ne conduit pas mécaniquement les consommateurs vers un marché clandestin sur lequel l'État ne possède plus aucun contrôle.
C'est cela, finalement, que nous demandons : non pas de renoncer, mais de réfléchir ensemble autrement.
DEMANDES
Les signataires de cette pétition demandent :
- Le gel de la fiscalité appliquée aux produits du tabac et la suppression de l’indexation sur l’inflation des accises qui leur sont affectées ;
- Le renforcement de la lutte contre les trafics de tabac et les marchés parallèles qui fragilisent le commerce légal et créent nuisances et insécurité pour l’ensemble de nos concitoyens.